Les femmes de science dans la littérature : entre ombre et lumière

Découvrez l'article swip-up

Des autrices redonnent lumière aux femmes de science, transformant la fiction en acte de justice symbolique.

Certaines autrices transforment la fiction en acte de justice symbolique. Là où les manuels scolaires ont longtemps effacé les femmes de science, leurs récits les ramènent à la lumière, non comme simples compagnes ou assistantes, mais comme véritables héroïnes de la connaissance.

Claudine Monteil, dans Les Filles de Marie Curie, explore la transmission intellectuelle et affective entre Marie Curie et ses filles, toutes trois animées par la même passion pour la recherche et le progrès. À travers cette lignée, elle réhabilite une mémoire féminine trop souvent négligée.

De son côté, Rachel Ignotofsky, avec Femmes de science, propose une galerie de portraits illustrés où chaque chercheuse devient un modèle de curiosité et de persévérance. Entre essai et album, son œuvre célèbre la diversité des disciplines et des parcours, redonnant aux femmes la place qui leur revient dans l’histoire scientifique et culturelle.

Chien Shiung Wu Photographie de Françoise Héritier, anthropologue renommée et figure française de la réhabilitation des femmes dans le domaine scientifique.

La citation de l’anthropologue Françoise Héritier résonne ici avec une force particulière : « Le phénomène est si massif qu’il en devient invisible. » En effet, l’effacement des femmes ne relève pas d’exceptions isolées, mais d’un système profondément enraciné. Cette invisibilité n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une organisation sociale où le savoir, le pouvoir et la reconnaissance sont historiquement masculins.

Aujourd’hui, la prise de conscience grandit. Universités, musées et médias réhabilitent les pionnières : Rosalind Franklin, Lise Meitner, Katherine Johnson ou Ada Lovelace retrouvent leur place dans les récits scientifiques. Le numérique, les bases de données ouvertes et les mouvements féministes contribuent à réparer la mémoire. Pour retrouvez les figures féminines emblématique de la science vous retrouverez ci-dessous une frise retraçant l’histoire de la science.

  • Émilie du Chatelet 1706-1749
    Émilie du Chatelet

    Physicienne et philosophe française, traductrice et commentatrice de Newton. Son travail sur l’énergie cinétique fut attribué en grande partie à ses pairs masculins.

  • Katherine Johnson 1799-1847
    Mary Anning

    Paléontologue britannique autodidacte, pionnière des découvertes de fossiles marins. Ses trouvailles ont longtemps été exploitées sans reconnaissance officielle.

  • Lise Meitner 1815-1852
    Ada Lovelace

    Mathématicienne anglaise, considérée comme la première programmeuse informatique pour son travail avec Charles Babbage. Son rôle a été éclipsé pendant plus d’un siècle.

  • Rosalind Franklin 1878-1968
    Lise Meitner

    Physicienne autrichienne, co-découvreuse de la fission nucléaire. Le prix Nobel fut attribué à son collaborateur Otto Hahn seul.

  • Chien-Shiung Wu 1868-1921
    Henrietta Swan Leavitt

    Astronome américaine, à l’origine de la relation période-luminosité des étoiles variables, clé pour mesurer les distances dans l’univers. Son travail a servi de base à Hubble, sans qu’elle en soit créditée de son vivant.

  • Chien-Shiung Wu 1920-1958
    Rosalind Franklin

    Biophysicienne britannique dont les clichés de diffraction des rayons X ont permis la découverte de la structure de l’ADN. Crédits attribués principalement à Watson et Crick.

  • Chien-Shiung Wu 1912-1997
    Chien-Shiung Wu

    Physicienne sino-américaine, pionnière de la physique nucléaire. Son expérience sur la violation de la parité a valu un Nobel… à ses collègues masculins.

  • Josephine Bell 1897-1987
    Josephine Bell

    Astrophysicienne britannique ayant découvert le premier pulsar. Le prix Nobel fut attribué à son directeur de thèse, sans mentionner sa contribution.

Révéler l’effet Mathilda, c’est refuser l’oubli. C’est reconnaître que rendre visibles les femmes, c’est aussi transformer la manière dont nous concevons la science : non plus comme un territoire réservé, mais comme un espace de savoirs partagés et équitables.

fleche qui remonte vers le haut