Des autrices redonnent lumière aux femmes de science, transformant la fiction en acte de justice
symbolique.
Par Sacha MARTIN
Le 20/10/2025 - 2 min de lecture
Certaines autrices transforment la fiction en acte de justice
symbolique. Là où les manuels scolaires ont longtemps
effacé les femmes de science, leurs récits les ramènent à la lumière, non comme simples compagnes ou
assistantes, mais
comme véritables héroïnes de la connaissance.
Claudine Monteil, dans Les Filles de Marie Curie, explore la transmission intellectuelle et
affective entre Marie Curie
et ses filles, toutes trois animées par la même passion pour la recherche et le progrès. À travers
cette lignée, elle
réhabilite une mémoire féminine trop souvent négligée.
De son côté, Rachel Ignotofsky, avec Femmes de science, propose une galerie de portraits illustrés
où chaque chercheuse
devient un modèle de curiosité et de persévérance. Entre essai et album, son œuvre célèbre la
diversité des disciplines
et des parcours, redonnant aux femmes la place qui leur revient dans l’histoire scientifique et
culturelle.
Photographie de Françoise Héritier, anthropologue renommée et figure
française de la réhabilitation des femmes dans le
domaine scientifique.
La citation de l’anthropologue Françoise Héritier résonne ici avec une force particulière : « Le
phénomène est si massif
qu’il en devient invisible. » En effet, l’effacement des femmes ne relève pas d’exceptions isolées,
mais d’un système
profondément enraciné. Cette invisibilité n’est pas le fruit du
hasard, mais le résultat d’une organisation sociale où
le savoir, le pouvoir et la reconnaissance sont historiquement masculins.
Aujourd’hui, la prise de conscience grandit. Universités, musées et médias réhabilitent les pionnières : Rosalind
Franklin, Lise Meitner, Katherine Johnson ou Ada Lovelace retrouvent leur place dans les récits
scientifiques. Le
numérique, les bases de données ouvertes et les mouvements féministes contribuent à réparer la
mémoire. Pour retrouvez
les figures féminines emblématique de la science vous retrouverez ci-dessous une frise retraçant
l’histoire de la
science.
-
1706-1749
Émilie du Chatelet
Physicienne et philosophe française, traductrice et commentatrice de Newton. Son
travail sur l’énergie cinétique fut
attribué en grande partie à ses pairs masculins.
-
1799-1847
Mary Anning
Paléontologue britannique autodidacte, pionnière des découvertes de fossiles marins.
Ses trouvailles ont longtemps été
exploitées sans reconnaissance officielle.
-
1815-1852
Ada Lovelace
Mathématicienne anglaise, considérée comme la première programmeuse informatique
pour son travail avec Charles Babbage.
Son rôle a été éclipsé pendant plus d’un siècle.
-
1878-1968
Lise Meitner
Physicienne autrichienne, co-découvreuse de la fission nucléaire. Le prix Nobel fut
attribué à son collaborateur Otto
Hahn seul.
-
1868-1921
Henrietta Swan Leavitt
Astronome américaine, à l’origine de la relation période-luminosité des étoiles
variables, clé pour mesurer les
distances dans l’univers. Son travail a servi de base à Hubble, sans qu’elle en soit
créditée de son vivant.
-
1920-1958
Rosalind Franklin
Biophysicienne britannique dont les clichés de diffraction des rayons X ont permis
la découverte de la structure de
l’ADN. Crédits attribués principalement à Watson et Crick.
-
1912-1997
Chien-Shiung Wu
Physicienne sino-américaine, pionnière de la physique nucléaire. Son expérience sur
la violation de la parité a valu un
Nobel… à ses collègues masculins.
-
1897-1987
Josephine Bell
Astrophysicienne britannique ayant découvert le premier pulsar. Le prix Nobel fut
attribué à son directeur de thèse,
sans mentionner sa contribution.
Révéler l’effet Mathilda, c’est refuser
l’oubli. C’est reconnaître que rendre visibles les femmes, c’est aussi
transformer la manière dont nous concevons la science : non plus comme un territoire réservé, mais
comme un espace de
savoirs partagés et équitables.